Festival Écritures des Amériques
ÉDITION 2017
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L'esprit de l’édition 2019

Tout le sel de la vie

Inédit à chaque édition, l’ancrage romanesque de 2019 s’attache à faire écho à la puissance de la littérature à travers une programmation gouvernée par la conviction que les romans rendent sensibles l'épaisseur et la complexité du monde. La sélection d’auteurs procède de ce motif choisi pour l’édition.

Le Festival est scandé, en ouverture et en clôture, par deux conférences : la première à propos de Marguerite Yourcenar, qui écrivait, dans « Les Mémoires d'Hadrien » : «Le véritable lieu de naissance est celui où l'on a porté pour la première fois un coup d'oeil intelligent sur soi-même : mes premières patries ont été les livres ». La seconde convoque le poète Saint-John Perse, auteur des Eloges d'un monde disparu et inoubliable. Ainsi le Festival se déploie dans cet espace entre les patries réelles ou imaginaires, le souvenir ou le rêve, les royaumes de sable ou ceux de l'esprit, tout ce qui fait le sel de la vie, dans sa saveur ou son amertume.

Miguel Bonnefoy, jeune auteur lauréat du Prix de la Vocation et pensionnaire à la Villa Médicis évoque, avec son « Sucre Noir », la force épique et baroque des aventures caribéennes, en contrepoint de la solitude poétique et lyrique des Comores habitées par Ali Zamir, auteur de Dérangé que je suis, Prix France Télévisions 2019. Santiago Gamboa, dont les héros interlopes se meuvent eux aussi dans la nuit et l'exubérance des histoires, ajoute une nuance plus âpre à ce périple dans les territoires esseulés d'une Colombie en proie à de semblables cauchemars.

Léonor de Recondo présente son roman « Manifesto » où le deuil intime appelle la figure romanesque et bouleversante d'Hemingway, dont la tragédie cristallise cette soif de bonheur dans les tourments du monde hispanique quand Maya Santos-Febres ressuscite, elle, l'icône du tango argentin Gardel, et, avec lui, le temps d'une saison caribéenne, une danse mélodieuse avec la sensualité.
Sont réunis ainsi l'envers et l'endroit de personnages hors-du-commun, dans des univers à l'équilibre de l'exubérance et du drame.

La présence d'Atiq Rahimi, Prix Goncourt 2008, apporte au public un regard en clair-obscur sur les tragédies universelles et la fraternité secrète du rêve, de l'exil et de l'amour de la langue tandis que David Foenkinos, Prix Renaudot et Prix Goncourt des Lycéens 2014, offre aux lecteurs de cheminer avec délicatesse « Vers la beauté ». Daniel Picouly pour sa part, les invite à rencontrer, outre l'humeur vagabonde du souvenir et d’une enfance éblouie, l’autre versant : littéraire de l’éruption de la Pelée.

Makenzy Orcel, jeune espoir de la scène haïtienne, éclaire avec son « Maître Minuit », les feux des puissances magiques du vaudou, engageant une conversation souterraine avec Véronique Ovaldé, dont le dernier ouvrage, « Personne n'a peur des gens qui sourient », accompagne une héroïne aux imperceptibles pouvoirs de sorcière - deux chemins dans des lieux impossibles, dont on ne parvient pas à s'arracher.

Par sa pratique protéiforme de la création, Gaël Octavia, offre au public de décloisonner les limites entre théâtre, poésie et roman, pour signifier cette aspiration à la beauté universelle des mots et des gestes.

Toutes les Amériques sont ainsi arpentées : celle, septentrionale, d'une nature sauvage et indomptée, l'Amérique caribéenne de l'interpellation poétique, l'Amérique du sud de la violence et du rêve ; mais aussi l'Amérique abstraite, comme l'autre nom du désir de liberté, de fuite, de recommencement et d'aventure.

C'est avec ces auteurs porteurs de mondes bouleversants et fabuleux, que le Festival s’adresse nécessairement au jeune public et s’applique, édition après édition, à créer l’indispensable rencontre entre les scolaires et la littérature contemporaine. Livre

Les innovations de l'édition 2019

A la faveur d’un rythme désormais annuel qui cristallise une impatience et de nouvelles attentes, le projet de l’édition 2019 amplifie sa durée, son territoire d’action et son rayonnement.

  • A la Martinique, une caravelle d’auteurs conduite par l’écrivain Viktor Lazlo, se constitue en ambassadrice du festival dans le cadre d’une avant-première : du jeudi 14 au dimanche 17 novembre. Du Nord au Sud de la Martinique, de nombreux rendez-vous émaillent un programme ambitieux de rencontres emblématiques de l’esprit de l’édition 2019 et de la vocation du festival. L’adhésion de nouveaux partenaires, notamment l’office de la culture du Lamentin, à l’origine du projet, assure le financement autonome de cette escale qui renoue avec la tradition d’itinérance de la manifestation.
  • La présence de Nicolas Carreau, l’atout livre d’Europe 1 selon les termes du journal Le Monde, garantit la visibilité du festival sur une antenne nationale. Le mythique chroniqueur littéraire de France Info, Philippe Vallet assure pour sa part l’essentiel des débats avec Alexandra Schwartzbrod, directrice-adjointe de la rédaction de Libération, chroniqueuse littéraire et romancière.
  • Des lieux prestigieux, représentatifs du patrimoine architectural comme l’habitation la Favorite ou le Domaine de la Pagerie à la Martinique ou bien, la Chapelle Néron à la Guadeloupe, le château Murat à Marie-Galante, ouvrent leurs portes pour accueillir des rencontres publiques tandis que pour sa part, l’île de Saint-Barthélemy engage un premier dialogue avec une petite escorte d’écrivains.
  • Avec le succès de la rencontre à la médiathèque de Lamentin, Ernest J. Pépin organisée par les clubs de lecture, le programme s’enrichit de deux autres après-midi littéraires dans ce type d’espace de lecture publique.
  • Une base opérationnelle avancée, implantée au centre de l’île, dans l’agglomération de Pointe-à-Pitre, offre quotidiennement des échanges avec les écrivains dans le cadre de lectures et de salons littéraires.

Les points forts du programme

Les événements appréciés et reconnus du Festival, auxquels le public s'est acclimaté et pour lesquels il a exprimé un enthousiasme constant, constituent le cœur de la programmation, ses moments phares :

  • Les séances de dédicaces grâce au partenaire libraire FNAC investi dans la démarche du Festival,
  • Les rendez-vous littéraires quotidiens sur la Grande-Terre comme sur la Basse-Terre, déclinés en salons, conférences, débats, lectures…,
  • Les ateliers d’écriture conçus pour les scolaires qui, dans le cadre d’une vaste programmation en direction des classes de lettres et de langues des établissements rencontrent jour après jour les écrivains,
  • La célébration festive et conviviale de la littérature sur le site historique de l’usine sucrière Beauport, point d’orgue du Festival.

Ouvert sur un monde caribéen lui-même miroir de tous les tropiques possibles, le Festival 2019 entend ainsi gagner en durée, en intensité et en ambition grâce :

  • Au renforcement de l’équipe des bénévoles qui en assurent l’organisation et la tenue,
  • A la fidélité des partenaires qui permettent sa perennité, le font vivre et rayonner,
  • Au soutien de nouveaux sponsors séduits par la vocation d’ouverture dans laquelle s’inscrit le Festival Ecritures des Amériques.

Les rencontres scolaires

Pour faire également vivre et rayonner la littérature et ses auteurs auprès de nos élèves, les professeurs de lettres, membres de l’association Prix des Amériques insulaires qui réalise le projet du festival, pilotent, sous la tutelle du Recteur de région académique de la Guadeloupe, les interventions quotidiennes des écrivains, pour certaines en anglais, espagnol et portugais.

Au sein des salles polyvalentes qui permettent de rassembler davantage de lycéens ou collégiens de même niveau, les auteurs sont accueillis dans les établissements pour des échanges préparés en amont avec les enseignants. Une opération d’envergure, planifiée dès la rentrée grâce à la consultation anticipée en juin des différents acteurs de ces rendez-vous.

Avec un thème qui entre parfaitement en résonance avec les programmes officiels de Lettres qui invitent à interroger « la question de l’Homme » ou « la quête du sens » et, les notions inscrites aux programmes des langues vivantes telles « L’exil : parcours et voyages initiatiques », ou « Mythes et héros » les perspectives de discussions et de débats que suggère l’odyssée confirment l’intérêt de ces rencontres dans l’économie du programme littéraire des élèves.

LES AUTEURS INVITÉS DU FESTIVAL

Migual Bonnefoy
Miguel BONNEFOY
Viktor Lazlo
Viktor LAZLO
Daniel Picouly
Daniel PICOULY
David FOENKINOS
David FOENKINOS
Santiago GAMBOA
Santiago GAMBOA
Léonor DE RECONDO
Léonor DE RECONDO
Gaël OCTAVIA
Gaël OCTAVIA
Véronique OVALDÉ
Véronique OVALDÉ
Depuis 2000, date de sa création, l’association Prix des Amériques insulaires, dédiée à la promotion et à la diffusion des littératures a reçu plus d’une cinquantaine d’écrivains.
Pour cette édition 2018 du Festival Ecritures des Amériques qu’elle organise, Pierre Ducrozet, Viktor Lazlo, Adriana Lisboa, Wilfried N’ Sondé, Karla Suárez, Sylvain Tesson, Lyonel Trouillot et Robert Whitaker, répondent à son invitation et ouvrent de nouveaux espaces romanesques au public.

Membre de la prestigieuse confrérie des Ecrivains de marine, Patrick Poivre d’Arvor, invité spécial de l’édition, se joint à la caravelle des auteurs.

Pierre DUCROZET
L’invention des corps
Actes Sud
2017
Viktor LAZLO
Les passagers du siècle
Grasset
2018
Adriana LISBOA
Hanoï
Métailié
2015
Wilfried N'SONDÉ
Un océan, deux mers, trois continents
Actes Sud
2018
Karla SUÁREZ
Le fils du héros
Métailié
2017
Sylvain TESSON
Un été avec Homère
Equateurs/France Inter
2018
Lyonel TROUILLOT
Ne m'appelle pas Capitaine
Actes Sud
2018
Robert WHITAKER
La Femme du cartographe
Payot
2018

BIO-BIBLIO AUTEURS

Miguel BONNEFOY
Miguel BONNEFOY

C’est par l’écriture de nouvelles que ce jeune auteur franco-vénézuélien se révèle au public : en 2009, il publie La Maison et le Voleur, Grand Prix de la Nouvelle de la Sorbonne, en 2011, Naufrages, aux éditions Quespire, en 2013, Icare et autres nouvelles aux éditions Buchet-Chastel, Prix du Jeune Ecrivain. Son talent de conteur se cristallise véritablement dans son premier roman, Le voyage d’Octavio, publié aux éditions Rivages en 2015 et couronné du Prix de la vocation et du Prix des cinq continents de la Francophonie « mention spéciale ». Nourri par son expérience sensible du monde et mû par la volonté de faire mieux connaître son pays, il publie l’année suivante Jungle, aux éditions Paulsen, le récit de sa traversée de la jungle vénézuélienne.

Deuxième roman de Miguel Bonnefoy, Sucre Noir, à partir d’une scène inaugurale surréaliste- le naufrage d’un bateau de pirates des Caraïbes sur la canopée d’une forêt tropicale- déploie, dans une écriture luxuriante et sensuelle, le destin d’une famille de planteurs animée par la recherche du légendaire trésor du pirate Henry Morgan. Héritier des grands auteurs de la littérature sud-américaine, Miguel Bonnefoy nous livre, avec ce roman-fable, finaliste du Prix Femina, une réflexion sur la quête du bonheur, qui résonne de manière lumineuse dans un pays où le mirage de l’or noir a occulté les pépites cachées au fond des terres et des cœurs.

David FOENKINOS
David FOENKINOS

Scénariste, réalisateur, dramaturge, Foenkinos est un artiste aux multiples facettes. Auteur de La Délicatesse en 2009 publié chez Gallimard, son éditeur de référence, il adapte à l’écran, avec son frère Stéphane Foenkinos, ce succès de librairie vendu à plus d’un million d’exemplaires qui va propulser son auteur dans le sérail des stars de la littérature. Toujours en tête des meilleures ventes à chaque actualité littéraire, il fait aussi paraître Je vais mieux en 2013 et Le mystère Henri Pick en 2016 adapté au cinéma en 2019.
Les romans de David Foenkinos réinventent un monde burlesque en décalage avec le réel et dessinent des personnages sensibles, en butte avec la vie. Seul l’art les console, les répare et leur permet de s’extraire du monde qui les oppresse. Son œuvre est tantôt drôle, tantôt profondément tragique notamment dans sa production récente. Ainsi dans Charlotte, qui lui vaut le Prix Renaudot et le Prix Goncourt des lycéens en 2014, il retrace l’itinéraire effroyable de Charlotte Salomon, déportée dans le camp d’extermination d’Auschwitz et fait découvrir sa peinture.

Vers la beauté, paru en 2018, prolonge la réflexion sur les pouvoirs consolateurs de l’art à travers un personnage dont la conversion inattendue en gardien de musée recèle le secret d’un autre destin, celui d’une jeune femme, Camille, hantée par un drame... Sur le thème de la déception amoureuse et ses conséquences, Deux sœurs paru en 2019 dresse le portrait glaçant d’une femme abandonnée et trompée sur la nature d’une histoire d’amour qu’elle croyait merveilleuse et révèle au fil des pages la métamorphose de l’héroïne.

Santiago GAMBOA
Santiago GAMBOA

Celui qui prétend que «Pour écrire, il faut vivre intensément» a mis en pratique cette affirmation dans une carrière internationale marquée par la force des expériences. Santiago Gamboa devenu l’une des voix les plus puissantes et originales de la littérature colombienne embrasse d’abord, après de solides études littéraires, une carrière de journaliste puis de diplomate au sein de la délégation colombienne à l’UNESCO . Attaché culturel en Inde, il vit ensuite un temps à Rome avant de revenir en Colombie, en 2014 après presque trente ans d’exil, prend part au processus de paix entre les FARC et le gouvernement et devient un redoutable chroniqueur pour El Espectador.

Entré en littérature par un polar implacable : Perdre est une question de méthode publié en 1999 aux éditions Métailié, son éditeur en France, la vraie patrie de Santiago Gamboa reste le roman où la plume du romancier vibre au diapason du monde hostile qu’explorent, au gré des errances et des tribulations de leurs personnages Les Captifs du Lys blanc publié en 2002, Esteban le héros, en 2003 ou le Syndrome d’Ulysse en 2007. D’inspiration toujours intense et fiévreuse les titres se succèdent, notamment : Nécropolis 1209 publié en 2010 qui remporte le Prix La Otra Orilla, Prières nocturnes en 2014, Retourner dans l’obscure vallée en 2017.

Avec Des hommes en noir, Santiago Gamboa signe un formidable polar sous la forme d’une inquiétante enquête entre la Colombie, le Brésil et la Guyane française, au cœur des puissantes Églises évangéliques qui ont envahi l’Amérique latine, une intrigue musclée et spirituelle où l’ironie et l’humour viennent sauver la violence tragique héritée de la guerre civile.

Gaël OCTAVIA
Gaël OCTAVIA

Dramaturge, nouvelliste, poète, réalisatrice, scénariste, peintre, dessinatrice… Gaël Octavia est une artiste multiple qui explore le monde dans ses problématiques contemporaines les plus universelles, sans jamais renoncer à son ancrage martiniquais. Si l’écriture romanesque l’habite depuis toujours, c’est par le théâtre que le public la découvre d’abord avec, entre autres, Le Voyage, programmé à Avignon par Greg Germain en 2002, ou Cette guerre que nous n’avons pas faite, prix du meilleur texte francophone au concours ETC Caraïbes/Beaumarchais en 2013.

La fin de Mame Baby est son premier roman. Publié chez Gallimard en 2017, il a obtenu la même année la mention spéciale du jury du prestigieux Prix Wepler. Gaël Octavia y compose des portraits de femmes - mères, filles, épouses, maîtresses - aux prises avec la violence des hommes et du monde, avec celle du « Quartier » où elles vivent, s’aiment, se haïssent, se soutiennent, et résistent. Le lecteur, plongé dans les mystères de ces paroles de femmes entrecroisées, de ces destins indéfectiblement liés, est convié à « l’Assemblée des femmes », où les mots reconstruisent patiemment les mémoires pour approcher le secret de la mort de Mame Baby.

Makenzy ORCEL
Makenzy ORCEL

Distingué une première fois par le Prix Thyde Monnier de la Société des Gens de Lettres pour son roman Les immortelles publié en 2010 chez Mémoire d’encrier, Makenzy Orcel revendique « une langue qui tape, qui danse, qui transgresse ». Sa manière de réinventer le monde dans une langue travaillée et poétique lui vaut d’enchaîner les prix littéraires. Son roman Les latrines publié en 2011 chez le même éditeur est salué par la critique, quand, pour sa part L’ombre animale publié en 2016 chez Zulma fait l’objet des Prix Louis Guilloux et Ethiophile. Il a, au titre de son œuvre été fait chevalier des arts et lettres en 2017.

Maître minuit publié en 2018, également chez Zulma, figure dans la première sélection du Grand Prix SGDL dans la catégorie fiction. Roman d’apprentissage, Maître minuit est une fresque sur le pouvoir politique qui aliène et la résistance qui s’impose à travers le destin de Poto, enfant volé dans une maternité par Marie Elitha Démosthène Laguerre, une junkie à la fois mère courage et mère indigne. Le récit nous entraîne à travers 50 ans d’histoire d’Haïti. Makenzy Orcel croise la petite histoire et la grande, celle de son héros, dessinateur acharné et celle de tous les haïtiens sous le joug des Duvalier. Le Maître minuit, est certes un géant légendaire inspiré par les figures du vaudou, mais c’est surtout « un homme qui reste debout, qui avance toujours quoi qu’il arrive. »

Véronique OVALDÉ
Véronique OVALDÉ

Entrée précocement dans le monde de l’édition, côté fabrication après un BTS de l’école Estienne, Véronique Ovaldé publie au Seuil en 2000 Le Sommeil des poissons, un premier roman qui dénote déjà les éléments caractéristiques de son écriture : un univers imaginaire empreint de poésie et de symbolisme, des héroïnes aussi combatives qu’attachantes, une narration exploitant les codes des contes traditionnels.
Des ouvrages comme Toutes choses scintillant paru aux éditions L’Ampoule en 2002, Déloger l’animal en 2005 chez Actes Sud et, en 2008 aux éditions de L’Olivier Et mon cœur transparent, récompensé par le Prix France Culture/Télérama mettent l’écrivain dans une position éditoriale très honorable. Mais, Ce que je sais de Vera Candida paru en 2009 chez L’olivier et lauréat de plusieurs prix littéraires dont le Renaudot des lycéens, le Prix France Télévisions et le Grand Prix des lectrices de Elle et, plus récemment en 2016, Soyez imprudents les enfants, publié chez Flammarion donnent à Véronique Ovaldé une notoriété incontestable auprès d’un large public en France comme à l’international.

Egalement édité chez Flammarion Personne n’a peur des gens qui sourient, parmi les cinq finalistes du Grand Prix RTL-Lire 2019, emporte le lecteur dans une histoire magnétique aux frontières du polar et du conte fantastique à travers le portrait d’une jeune femme éprise de liberté, prête à tout pour protéger ses filles d’un héritage familial dévastateur…

Daniel PICOULY
Daniel PICOULY

Daniel Picouly appartient à une famille nombreuse d’origine martiniquaise qui a beaucoup inspiré son œuvre tel Le Champ de personne, publié chez Flammarion, Grand Prix des Lectrices de Elle en 1996, paru à la suite d’un premier livre La Lumière des Fous suivis de Nec et Les larmes du chef tous écrits dans la même décade et chez le même éditeur : Gallimard, série noire.
Le Prix Renaudot consacre en 2000 L’Enfant Léopard, publié chez Grasset et fait de Daniel Picouly une figure du monde éditorial qui enchaîne les titres à succès et s’implique parallèlement à son métier d’écrivain dans la promotion de la lecture à travers des émissions littéraires.

Quatre-vingt-dix secondes, qui donne son titre à son dernier roman, c’est le temps qu’a mis la montagne Pelée pour tuer 30.000 personnes à Saint-Pierre de la Martinique, au siècle dernier. La plus grande ville de l’île, directement sous l’autorité du volcan, fut complètement détruite, il n’y eut qu’une poignée de survivants. L’auteur du Cri muet de l’iguane, paru également chez Albin Michel en 2015 s’est emparé de cet épisode tragique pour le narrer à sa manière, c’est-à-dire celle des fabuleux conteurs. Le souffle épique qui se lève sur la catastrophe de 1902, mêle avec art l’obscurité d’un traumatisme historique à la luminosité d’une ardente histoire d’amour.

Atiq RAHIMI
Atiq RAHIMI

Né à Kaboul, Atiq Rahimi a quitté l’Afghanistan pour le Pakistan en 1984, à cause de la guerre puis obtenu l’asile politique en France où il passe un doctorat de communication audiovisuelle à la Sorbonne. Écrivain et réalisateur, le Prix Regard vers l’avenir, récompense, lors du Festival de Cannes 2004, son film Terres et cendres, adapté de son roman édité en 2000 chez POL comme tous ses titres traduits : Les Milles maisons du rêve et de la terreur en 2002, Le Retour imaginaire, en 2005 ou écrits en français comme Syngué Sabour-Pierre de patience, Prix Goncourt 2008, également porté à l’écran en 2013, ou Maudit soit Dostoïevski, publié en 2011.
Dans un autre registre, entre textes et mots dessinés : La Ballade du calame, portrait intime, publiée aux éditions l’Iconoclaste en 2015, l’écrivain propose un récit poétique, une méditation sur une vie tissée d’exil.

Comme dans une tragédie classique, l’action du roman Les Porteurs d’eau se concentre en une journée : Nous sommes le 11 mars 2001 et les talibans viennent de détruire les deux bouddhas de Bâmiyân, en Afghanistan.
Ce même jour, les deux principaux personnages du roman vont voir, pour l’un Yûsef le porteur à Kaboul, et l’autre, Tom l’exilé à Paris, leur vie basculer. Les thèmes de prédilection d’Atiq Rahimi irriguent le roman : les grands drames de l’histoire contemporaine, la cruauté des hommes, la douleur de l’exil et de la clandestinité, motifs placés au cœur de l’association subtile d’un récit réaliste traversé par le conte persan.

Léonor DE RECONDO
Léonor DE RECONDO

Avant la plume, il y eut l’archet. Avant le roman, la musique baroque et l’opéra.
La sensibilité et la créativité de la violoniste Léonor de Récondo résonnent d’abord dans son œuvre musicale, riche et récompensée. Elle étend ensuite son esthétique pleine de finesse à l’écriture, comme une évidence, puisant notamment dans la transmission familiale qui invite à « vivre pour la beauté du monde et le dépassement de soi par la discipline artistique ». En musique comme en littérature - incontournables moyens de consolation - cette habile interprète de l’Art et de la Beauté cherche à montrer « d’autres regards transcendés ». Son œuvre littéraire éditée chez Sabine Wespieser dont Rêves oubliés en 2012, Pietra Viva en 2013, Amours en 2015, Prix RTL - Lire et Prix des Libraires, Point cardinal en 2017, a suscité une reconnaissance publique immédiate et son dernier titre Manifesto figure parmi les dix romans de langue française concourant pour le prix 2019 du Livre Inter.

Le titre de ce dernier roman claque comme une injonction, un manifeste hispanisant qui renoue avec la veine autobiographique de Rêves oubliés qui retraçait l’exil familial pendant la guerre d’Espagne. L’auteur elle-même motive ce titre, présentant ce récit de l’intime comme un « manifeste absolu de la vie ». Livre de deuil pourtant, Manifesto transfigure une nuit d’épreuve et de chagrin, celle de la mort du père, en un éloge magnifique de l’amour et de la joie partagés. Deux narrations entrelacées et une conversation à bas bruit avec Ernest Hemingway témoignent d’une écriture en quête permanente de lumière, refuge ultime lorsque la vie vous secoue.

Mayra SANTOS - FEBRES
Mayra SANTOS - FEBRES

Poète, romancière, Mayra Santos-Febres est née à Porto Rico, où elle enseigne la littérature à l’université. Son premier roman, Sirena Selena vestida de pena, finaliste du prestigieux Prix Rómulo Gallegos est traduit et publié sous le titre Sirena Selena chez Zulma en 2017. L’auteur y peint avec justesse, dans une langue vibrante et colorée, la beauté des âmes excentriques, telle celle de son héros, une diva des quartiers gays de Porto-Rico.

La Maîtresse de Carlos Gardel pour sa part nous entraîne, le temps d’une tournée à Porto-Rico de l’icône du tango argentin, dans les pages foisonnantes et sensuelles que suscite sa rencontre magnétique avec Micaela, petite fille de la plus illustre guérisseuse de l’île. De ces quelques jours grisants comme une fugue enchantée, Mayra Santos-Febres a fait le roman superbe, ensorcelant, d’un grand destin de femme. Où l’on passe des bas quartiers aux hôtels de luxe, où les plantes font vivre ou mourir, où le tango prend corps et voix, où le désir est partout.

Ali ZAMIR
Ali ZAMIR

Originaire de l’île d’Anjouan, aux Comores, Ali Zamir surgit sur la scène littéraire française avec Anguille sous roche, publié en 2016 aux éditions le Tripode et aussitôt récompensé par le Prix Senghor du premier roman francophone et par une mention spéciale du jury du Prix Wepler. L’année suivante, il publie Mon Etincelle, chez le même éditeur qualifiée « d’histoire d’amour des plus extraordinaires » par l’écrivain Alain Mabanckou.

Avec ce troisième roman, lauréat du Prix Roman France Télévision 2019, Ali Zamir confirme sa place très originale dans la littérature francophone, son don pour les récits incongrus et l’usage de mots rares. Dans Dérangé que je suis, la vitalité de sa langue se met au service de l’histoire tragi-comique d’un pauvre docker. Le mélange des genres et, la puissance ininterrompue des scènes font de ce roman-film virevoltant un bonheur de lecture.
Dérangé, docker crève-la-faim sur le port de Mutsamudu, propriétaire d’un misérable petit chariot, guigne, non sans mal, le client sur les quais. Or, voici qu’il tape dans l’œil d’une femme sublime qui débarque… Sa vie va basculer à cause de cette femme, de celles « qui ravagent tout sur leur passage ». Ses péripéties, menées à fond de train, sont aussi celles d’une langue qui se réinvente en battant le rappel des plus beaux archaïsmes de la langue française.

LES BELLES ESCALES DE L'EDITION 2018

mardi 13 novembre
de 17:30 à 18:30
Sylvain Tesson
de 18:30 à 19:30
Robert Whitaker
mercredi 14 novembre
de 17:30 à 18:30
Lyonel Trouillot
de 18:30 à 19:30
Karla Suarez
jeudi 15 novembre
de 17:30 à 18:30
Adriana Lisboa
de 18:30 à 19:30
Viktor Lazlo
vendredi 16 novembre
de 17:30 à 18:30
Pierre Ducrozet
de 18:30 à 19:30
Wilfried N'Sondé
Trois moments phares ponctuent cette semaine de littérature : l’avant-première, la soirée de lancement, la soirée de clôture.
samedi 10 novembre
Beauport, Guadeloupe accueille le festival sur son site patrimonial, emblématique du territoire.
de 16:00 à 17:00
La visite en train, à travers les champs de cannes, déroule un paysage au cœur de l’inspiration des écrivains de la Caraïbe. A la gare de Poyen, la comédienne Laura Clauzel lit les bonnes feuilles du Fils du héros et de Ne m’appelle pas capitaine.
de 17:30 à 18:30
leurs auteurs, Karla Suarez et Lyonel Trouillot conversent avec le journaliste Michel Reinette.
lundi 12 novembre
à 19:00
Pour saluer le lancement de la manifestation, dans la salle du Conseil de la Caisse d’Epargne - CEPAC, Place de la Victoire, Pierre Ducrozet consacre sa conférence à une légende de l’art : Basquiat, une vie héroïque.
à 19:30
Au miroir de sa passion pour les aventuriers de la vie et des lettres, Patrick Poivre d’Arvor, auteur de romans de source autobiographique comme d’essais consacrés aux grandes figures de la mer, dévoile les auteurs de l’édition 2018.
samedi 17 novembre
17:00
Pour sceller de provisoires adieux au Fort Fleur d'Epée, une ultime causerie rassemble le public et les écrivains invités de l’édition 2018,
18:00
Sylvain Tesson prononce la conférence de clôture : Îles dangereuses, îles divines : une Odyssée géo-poétique.
Du mardi 13 au vendredi 16 novembre, de nombreux rendez-vous rappellent que la littérature offre bien des navigations…
mardi 13 novembre
à 18:30
A la médiathèque caraïbe Lameca, Karla Suarez s’entretient avec le public de Basse-Terre et présente le dernier ouvrage d’une longue bibliographie où Cuba reste à l’avant-scène.
à 19:00
Au Pavillon de la Ville de Pointe- à-Pitre, QG du festival, une conférence de Patrick Poivre d’Arvor sur les fortunes et infortunes de mer, ouvre l’échange entre Viktor Lazlo et Wilfried N’Sondé autour de leurs ouvrages respectifs : Les Passagers du siècle et Un océan, deux mers, trois continents.
jeudi 15 novembre
19:00
Wilfried N’Sondé fait escale à La médiathèque caraïbe Lameca, tandis qu’à la médiathèque Paul Mado de Baie-Mahault, Pierre Ducrozet présente l’Invention des corps, au titre prémonitoire.
mercredi 14 novembre
à 16:00
Adriana Lisboa est l’invitée des clubs de lecture réunis au Lamentin, médiathèque Ernest J. Pépin pour évoquer les personnages et la trame d’Hanoï, tissée de hasards et de rencontres,
à 19:00
Deux écrivains de marine : Patrick Poivre d’Arvor et Sylvain Tesson croisent leurs aventures littéraires au centre culturel Sonis aux Abymes, au micro de Michel Reinette,
à 19:00
Une escale à la médiathèque Caraïbe Lameca, sous l’autorité du volcan… permet à Robert Whitaker de partager une démarche d’écriture inspirée d’une folle expédition en Amazonie.
vendredi 16 novembre
19:30
Adriana Lisboa et Robert Whitaker sont les hôtes du Pavillon de la Ville de Pointe- à-Pitre, Viktor Lazlo de la Rotonde des arts à Saint-François.
Libraire de la manifestation pour la deuxième édition consécutive depuis son ouverture en août 2017, la Fnac organisent deux dédicaces :
samedi 10 novembre
Librairie Fnac à Colin, Petit Bourg
de 10:00 à 12:00
Karla Suárez et Lyonel Trouillot signent leurs ouvrages dans l’espace dédié à la littérature qui présente les romans des écrivains invités de l’édition 2018.
samedi 17 novembre
Librairie Fnac à Colin, Petit Bourg
de 10:00 à 12:00
Pierre Ducrozet, Viktor Lazlo, Adriana Lisboa, Wilfried N’Sondé, Sylvain Tesson et Robert Whitaker échangent avec les lecteurs dans le temps privilégié des signatures en librairie.
 

WORKSHOP 2018

Présents depuis 2015 dans la programmation du Festival Ecritures des Amériques, les ateliers d’écriture, jusque-là réservés aux adultes, migrent vers les établissements scolaires à la demande des enseignants qui, convaincus de la valeur de l’expérience, les organisent.
Deux écrivains : Karla Suarez et Lyonel Trouillot transmettent leur passion de l’écriture et les moyens de la faire partager aux lecteurs. Le workshop permet ainsi aux élèves de bénéficier des conseils d’écrivains aussi renommés dans le paysage éditorial qu’appréciés et reconnus pour leur compétence dans l’animation des ateliers d’écriture.

Karla SUAREZ
Très jeune, j’ai pris l’habitude d’écrire la nuit. L’après- minuit, c’était l’heure des chats, mon heure aussi, car c’était le seul moment de la journée où régnaient le calme et le silence. Dire silence, dans les Caraïbes, c’est comme parler une langue étrangère. Seule la nuit avancée avait ce privilège. Tout le monde dormait à la maison, on n’entendait pas la musique des voisins dans l’immeuble, personne ne criait dans les rues, les klaxons des voitures ne résonnaient pas. L’après-minuit était l’un de ces rares laps de temps pendant lesquels la ville semblait autre. Elle était figée. Muette. Et j’adorais cela. Chez moi, personne n’allait se coucher avant minuit. Mes parents restaient là à regarder la télévision, à lire, à travailler un peu ou même s’attardaient aux tâches domestiques. Ma sœur, c’était plus ou moins la même chose. Aussi l’appartement n’était-il qu’un défilé incessant de quatre personnes, et il ne me restait qu’à me jeter dans un coin pour lire en attendant que tout le monde se mette au lit une bonne fois pour toutes. Alors arrivait pour moi le moment d’écrire. L’après-minuit. Le silence. La relativité du silence, chronique, résidence d’écriture Festival America, 2012
« Destiné mais pas seulement, aux jeunes qui aiment lire, écrire, l’atelier que je leur propose leur suggère des techniques de base qui permettent d’enrichir leur conception de l’écriture pour aller vers une démarche personnelle, authentique.

La curiosité et les attentes de ceux qui désirent découvrir de nouvelles approches de l’écriture narrative sont aussi encouragées comme toute volonté générale d’expression, de création littéraire » Karla Suarez
Lyonel TROUILLOT
Je crois avoir toujours écrit, je ne me souviens pas de moi n’écrivant pas. J’ai écrit ma première histoire à l’âge de 6 ans. Ma mère était une femme dure et croyante, elle n’aimait pas que j’écrive surtout quand je me moquais de Dieu.
Je n’ai pas choisi d’être écrivain, disons plutôt que c’est venu à moi comme une évidence, car rien d’autre ne me convenait. Comme mon père, j’ai fait des études de droit pour devenir avocat, mais ça ne m’a pas plu, alors j’ai abandonné les études. J’ai aussi été instituteur, pendant peu de temps. […]
Je pense que les détails techniques sont essentiels, mais il me semble que l’inspiration importe beaucoup aussi. La part de relecture de son travail est d’ailleurs décisive. C’est ce qui, je pense, est le plus difficile pour un écrivain, car il faut être objectif sur la valeur de son texte, même si cela signifie parfois abandonner une idée si elle ne mène nulle part. Le métier d’écrivain peut être comparé à celui d’artisan. Intervention de l’auteur au Lycée Josué Valin, La Rochelle dans le cadre du Printemps des Poètes, 2012.
Fondateur en 2007 en Haïti, de l’Atelier Jeudi Soir dont la vocation en forme de manifeste est de « travailler l’imaginaire et le goût de dire, le goût d’inventer des espaces de parole qui magnifient le mot et rendent possible un rapport avec l’autre », Lyonel Trouillot appréhende l’écriture « comme exploration de sa propre fragmentation vers une proposition de soi-même et surtout comme captage et restitution des éléments du vécu, du réel et de l’imaginaire qui passent des autres à nous, des autres en nous, pour retourner aux autres… »
 

LES PARTENAIRES AU SOUTIEN DE L’EDITION 2019

Les partenaires
La Direction des affaires culturelles de Guadeloupe (DAC)
Le Ministère de la Culture
Le Ministère des Outre-mer
Le Conseil Départemental
La Région Guadeloupe
La SEM Patrimoniale
Beauport
Le Ville de Pointe-à-Pitre

AHD Capital
LA SIAGAT - Société Immobilière et Agricole de la Grande-Terre -
LORET - Auto Guadeloupe
LA CAISSE D’EPARGNE CEPAC ANTILLES
Orange
LA FNAC Guadeloupe
L’AUBERGE DE LA VIEILLE TOUR
VILLA PRESTIGE ANTILLES
Guadeloupe Pôle Caraïbes
Antilles Imprimerie
Les lieux de rencontre
Le Fort Fleur d’Epée
La médiathèque de Lamentin
La médiathèque de Basse-Terre, Bettino Lara, LAMECA
Le Pavillon de la Ville de Pointe-à-Pitre
Sonis
Beauport
Médiathèque Paul Mado
Les membres du bureau de l’association
Les membres associés et les bénévoles
Force de proposition et d’action, notamment dans le cadre de l’accompagnement et de la réception des auteurs dans les établissements scolaires, l’équipe de bénévoles constitue la clé de voûte du festival.
Une quinzaine de personnalités généreuses au regard de la constance de leur engagement, manifeste dans leur assiduité aux réunions préparatoires et leur disponibilité durant la durée de la manifestation, détermine le succès du festival aux côtés des membres du bureau de l’association dont certains ont participé à toute l’aventure depuis la création du Prix des Amériques insulaires en 2000 jusqu’à son évolution en festival.

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